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EGLISE DE LA GRACE-DIEU

Le monastère est riche d'un long passé qu'ont traverse de nombreuses épreuves : incendies, pillages, inondations ! ...

. Son église connut elle-même de nombreuses vicissitudes. Signalons cependant que, malgré les épreuves, des moines cisterciens ont prié ici de 1139 à 1909, relayés en 1927 par des moniales du même Ordre qui, aujourd'hui encore, peuplent ces murs.

Une interruption se produisit toutefois à la Révolution française lorsque le monastère fut vendu comme bien national. Un industriel installa alors, dans la partie est de l'édifice, un haut fourneau qui fonctionna là plus de 40 ans.

Ce rappel a son importance : il permet au visiteur de saisir le "pourquoi" d'une notable différence architecturale entre les deux parties de l'édifice.

Lorsqu'en 1845 les moines rachetèrent la Grâce-Dieu, il fallut démolir et reconstruire. L'église appelait tous leurs soins : sa restauration exigea quatre années...

L'édifice que nous avons sous les yeux, à l'est, ne rappelle aucune époque déterminée : des éléments du XIIIè et du XVIè siècle, voisinent avec d'autres du XlXe, voire du XXè siècle

Cependant, l'église en sa totalité ne manque pas d'une secrète harmonie.
De l'édifice romano-gothique de jadis ne subsiste aujourd'hui que la partie ouest, réservée aux fidèles. Nous aimons y admirer l'heureuse courbe des cintres et la nervure des voûtes où s'ébauche un timide ogival.

De part et d'autre de la nef, les robustes piliers manifestent, en quelque façon, le souci d'efficacité et d'austère sobriété, qui habitait les bâtisseurs. Désormais dégagés des plâtres et peintures qui les dérobaient aux regards, les pierres parlent à leur manière de l'âge d'or cistercien

A signaler dans les bas-côtés, deux culs-de-lampe bourguignons qui supportent les arcs doubleaux, ces éléments caractéristiques de l'architecture cistercienne du XIIè siècle.

Enfin, le visiteur se plait à admirer, dans la muraille sud deux petites fenêtres romanes heureusement conservées.

L'église a été restaurée. Depuis plusieurs années, des lézardes éveillaient quelques inquiétudes. Par ailleurs, l'emplacement de l'autel, à l'ouest, laissait à désirer,

Diverses questions se posaient. On prit largement conseil. Ont eu à donner leur avis :
-la Communauté qui yit dans ces lieux
-l'Architecte des Bâtiments de France (l'édifice étant inscrit à l'Inventaire des Monuments Historiques)
-la Direction Régionale des Affaires Culturelles
-la Commission d'Art Sacré pour l'aménagement du sanctuaire
-les entreprises qui ont travaillé dans ce lieu.

La diversité des avis fut prise en compte. Enfin, le temps fit son oeuvre...

Commencés en mai 1996, les travaux de réfection s'achevèrent à la Pentecôte 1997. L'autel a retrouve sa place à l'Orient ! Grâce à la compétence et au dévouement de l'architecte et des divers corps de métier engagés, la réfection des voûtes, du sol, des vitraux, boiseries, éclairage, s'acheva dans les meilleures conditions.

Ajoutons que la sympathie et l'aide des Amis, ont été précieuses, Les Monuments Historiques ont participé pour une part au financement de ces travaux, de même le Département. Nous savons gré à chacun de nous avoir permis de retrouver un cadre digne pour célébrer et louer notre Dieu.

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